Medusa
- Label : 4AD
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 02/02/1986
C'est un monde bien étrange que celui de Clan Of Xymox.
Fantomatique et envoûtant, il est richement ornementé de nappes dentelées de claviers et de soies électroniques douces et noires. Tandis qu'on se laisse porter par l'ambiance féerique, l'ensemble est saupoudré d'arrangements luxueux, d'échos funéraires ou d'un chant léger mais grave comme la mort. C'est dans cet univers riche, froid et très travaillé, étourdissant même, comme lorsqu'on lève les yeux sur une cathédrale ou qu'on regarde trop fixement la pâleur blême d'une lune pleine, qu'il faut traverser non sans rencontrer des beautés qui font froid dans le dos à force de s'alimenter dans les effluves empoisonnés de la mélancolie.
Le deuxième album du groupe hollandais, adeptes des ambiances les plus sombres et les plus majestueuses à la fois, tout en flirtant avec les sonorités expérimentale de la new-wave, abandonne pour un temps les percutions du premier essai pour venir élever sa poésie gothique vers des sommets de tranquillité vampirique et éternelle, signé John Fyer, spécialiste sur 4AD des ambiances fantasmagorique.
Entraînant l'auditeur dans des voyages tirant plus vers la tristesse et la douce mélancolie que la violence de la souffrance, Medusa est l'album idéal pour rejoindre les bras de Morphée. Et enchaîner directement derrière avec des rencontres oniriques en compagnie de ces douces créatures, "Michelle" ou "Louise", femmes fatales aux mascaras noirs, que Ronny Mooring appelle de tous ses voeux. Odes à l'amour et au romantisme désespéré, les chansons de Clan Of Xymox, pour bizarres qu'elles soient, jouent des arrangements, baroques, lyriques et sombres à la fois, pour imprimer une ambiance unique entre gothisme éthérée et atmosphère ténébreuse.
Avec leur look de corbacs sorties des tombes, Ronny Mooring et sa bande, continue pourtant avec Medusa de poursuivre leur exploration de la beauté. Romantique à souhait, le groupe n'occultera rien de sa recherche éperdue, et notamment ses nombreuses déceptions qu'ils élèveront au rang de miracle et de manifestations de l'art dans son essence primordiale.