Future Days
- Label : Spoon
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 02/02/1973
Quatre morceaux. Evanescents et denses à souhait. Ici, tout est contenu, le chant est souffle, on est emporté par le travail rythmique de Can, enveloppé dans un nuage de brume, emmené vers de nouveaux horizons (les beats sont obsédants et chaleureux, les nappes constituent un flot) dès les premières mesures. Rarement un disque m'a procuré cette légèreté, cette fuite en avant ponctuées de quelques flashes (le morceau "Spray" est une merveille de morceau planant), le temps s'arrête au cours de "Future Days" et "Spray" et se rappelle à nos bons souvenirs lorsqu'une mélodie émerge (de temps à autre, il va de soi) de cette brume, tel un rayon de soleil effectuant une percée à travers les nuages d'une belle après-midi d'hiver. On se réveille avec "Moonshake", escapade groovy où l'on se secoue les neurones grâce à une rythmique à la Can (assez proche de celles que l'on peut entendre sur le fabuleux Tago Mago) et l'on plonge dans le vide avec la montée en tension de "Bel Air", une progression sonique qui prend au bide, une intensité que j'ai rarement ressentie. A écouter et à réécouter, à mes yeux, le meilleur disque de Can, pour ses nappes, son ambiance prenante, sa couverture de l'espace sonore, son immédiateté, l'introspection dans laquelle il me plonge tout au long de son déploiement, la discrétion et l'aspect mystérieux, secret, fugace du chant de Damo Suzuki (qui quittera le groupe après ce disque). Je ne me suis toujours pas remis de Future Days.