Digital Ash In A Digital Urn
- Label : Saddle Creek
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 25/01/2005
Bright Eyes a de la suite dans les idées. En sortant simultanément deux disques très différents avec I'm Wide Awake, It's Morning et ce Digital Ash In A Digital Urn, le groupe de Conor Oberst a clairement donné le bâton pour se faire battre. L'idée était pourtant originale et intéressante (un album folk classique et dépouillé et un autre plus moderne et électronique) mais encore fallait-il réussir dans les deux catégories. Et ce n'est pas tout à fait le cas.
Si les amateurs de folk minimaliste avec des textes bien écrits et bien construits auront apprécié I'm Wide Awake, It's Morning, il semble beaucoup plus difficile de tomber sous le charme de Digital Ash In A Digital Urn. On n'y retrouve ni la richesse sonore qui pourrait l'emporter dans les hautes sphères musicales ni l'originalité qui le verrait se démarquer de disques semblables, ni même l'authenticité, ce qui est peut-être le plus dommageable.
Conor Oberst reste pourtant un artiste intéressant, autant dans le fond que dans la forme : c'est un écrivain accompli, poétique et névrosé par endroits, ravagé et clownesque ailleurs, qui possède une voix originale mêlant fragilité et force avec talent. Ces traits de caractère apparaissent par moments sur le disque comme dans "Devil In The Details" ou "Down A Rabbit Hole" par exemple. Mais dans l'ensemble, peu de titres tiennent leur longueur. Certains sont même agaçants : "Take It Easy (Love Nothing)" et à moindre mesure "Time Code" en sont des exemples révélateurs.
Au final, Digital Ash In A Digital Urn aura eu le mérite de surprendre les auditeurs de la première heure de Bright Eyes : pas de folk ici, ça casserait presque un mythe tout juste naissant ! Quand sur leurs albums précédents, on se battait pour savoir qui de Dylan ou de Neil Young était leur principale référence, on irait plus chercher chez Gorillaz ici, ou une sorte de neo-pop anglaise. Mais il s'agit bien de Bright Eyes, Conor Oberst est bien là, et s'il ne parvient jamais à élever le disque au dessus du niveau de la mer, il l'empêche clairement de couler, ce qui n'est déjà pas si mal.