My Life In The Bush Of Ghost (Brian Eno -David Byrne)
- Label : EG
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 01/02/1981
Une cartographie musicale polymorphe des duettistes Byrne-Eno
Faut-il être un peu fêlé du Remain In Light des Heads pour se plonger dans ce disque aventureux ?
Non cela n'est pas obligatoire même si MLITBOG est un peu le prolongement des expériences entamées par David Byrne sur le disque phare du groupe, poussé au cul par un Eno en état de grâce, et si les Heads ne vous parlent pas plus que ça, laissez vous tenter si vous aimez l'aventure.
Inutile de vous faire un interminable laïus sur cette galette : y'a ceux qui connaissent et qui l'ont déjà et les autres... Vous savez ce qu'il vous reste à faire, vous le trouverez dans toutes les bonnes pharmacies au rayon anti-dépresseur ou coupe-faim.
11 vignettes : à noter, pour les boulimiques que l'objet a été réédité pour fêter ses 25 ans qui présentent sept inédits, inintéressants pour la plupart, j'ai testé pour vous, donc inutile de craquer plus pour des chutes de studio, surtout que l'original est vendu en général à prix d'ami.
11 vignettes, donc, superbes et étonnantes qui mélangent et montrent la voie à pas mal de choses qui vont devenir un peu la world, la techno, l'afro-beat, le tribal funk, l'abstract hip-hop, l'ambient, le trip-hop, downtempo, etc.. C'est un des premiers albums qui met le sampling et ses techniques au coeur du processus créatif.
Après une mise en en bouche particulièrement chaotique, ça déboule sec sur des territoires épicés ou très urbains, on y croisera de temps à autre la voix d'un évangéliste, d'un animateur radio ou une douce mélopée égyptienne mais n'ayez pas peur, ce disque n'est ni trop long ni ennuyeux, pas prise de tête pour un sou. C'est pas un truc intello à la noix mais plutôt une expérience sensorielle bien jouissive.
A noter la participation du bassiste producteur Bill Laswel, l'âme de Material qui assure son quota de bassline bien lourde.
OMNI par excellence, cette galette qui hantait déjà mes étagères en vinyle a de quoi bousculer les habitudes même si, bien sûr, plus de 25 ans après la surprise est moindre mais le résultat est tout bonnement extraordinaire et garde, malgré les ans, toute sa fraîcheur et son inventivité. A mettre entre le Rock Bottom de Wyatt et le Commercial Album de Residents. Et donc un petit Intemporel je pense que ce n'est pas trop !