Here Come The Warm Jets
- Label : EG
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 02/02/1973
Cohabitation avec Brian Ferry devenue impossible, Brian Eno s'en va voguer en solitaire. C'est dire que maquillé comme une pute septuagénaire et affriolé de tenues qui ferait saliver n'importe quel travelo de première classe, Brian Eno volait constamment la vedette au susdit Ferry. Si bien que le crooner glam à l'ego très développé l'obligeait carrément à jouer dans le noir aux concerts de son Roxy Music...
Ambiance pourrie que le Brian chauve fuit après la sortie de For Your Pleasure pour s'installer en solo quelques mois plus tard avec Here Come The Warm Jets. Sans doute doté d'un fort capital sympathie, Eno s'entoure sans peine du beau monde de la pop et prog music pour concocter son premier album à l'inspiration arty glam: des King Crimson, des Hawkwind, des premiers couteaux de studios (Chris Thomas, Chris Spedding) et bien sûr des Roxy Music (en fait il ne manque que Ferry pour retrouver le combo au grand complet).
Difficile de faire un disque d'une totale nullité avec de tels gens autour de soi. Mais imposer son propre univers avec autant de guest n'est pas chose aisée non plus. Et c'est que malgré sa médiocrité technique légendaire, Brian Eno a su parfaitement tiré parti des ses amis pour fomenter dès ce premier album un univers à soi très coloré. On débute par du Velvet Underground rose fluo ("Needles In The Camel's Eyes") pour finir yeux écarquillés sur le bleu horizon d'une liesse euphorique ("Here Come The Warm Jets"). Entre les deux, ce glam torsadé et arrangé avec soin aura donné un impressionnant récital expérimental aux paroles absconses dont on ne retient le plus souvent que le "Baby's On Fire" carbonisé par le solo d'un furieux Robert Fripp. Mais injure ce serait faire à ce "Same Of Them Are Old" façon Beach Boys qui fond dans la bouche ou ce "Dead Finks Don't Talk" dada. Ou toutes les autres.
Rien à jeter, tout à déguster sur ce Here Come Warm Jets impressionnant de maîtrise. Ne trouvant point de meilleure formule que celle du toujours très impeccable Jérôme Soligny, je me contenterai de citer le musico critic rock pour résumer ce premier opus du grand Brian : 'du glam joué avec deux doigts dont un pointé vers le ciel'. Comprenne qui écoutera.