Hard Rain
- Label : Columbia
- Format : Live / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 13/09/1976
Nous sommes en 1975 et notre Zim ne connait pas ses années les plus tranquilles. Sur fond de divorce et d'alcool, Dylan lance la Rolling Thunder Review en octobre 1975. Cette tournée tentait de mettre en valeur des talents du folk américain. La première moitié du concert est marquée par la présence de quelques invités de marque comme John Baez, Joni Mitchell ou Roger McGuinn mais aussi des moins connus comme Ramblin' Jack, Allen Ginsberg et Mick Ronson (le guitariste de David Bowie). Pour ce qui est de la seconde partie du concert, maître Dylan s'en occupe. La Rolling Thunder écume les villes de la côte Nord Ouest sans succès mais Zim décide de prolonger les dates en suivant la côte Sud à partir de la Floride. Cette " deuxième tournée " est un vrai désastre car Dylan n'en fait qu'à sa tête : il met sur le banc de touche Mick Ronson (qui pourtant était une tête d'affiche) et décide de changer son répertoire au dernier moment en supprimant les compositions de son album précédant Desire pour les remplacer par des titres de Blood On The Tracks qu'il joue plus violemment. Quatre jours après le début de la Rolling Thunder Review Part Two, Dylan entraîne toute sa petite bande pour enregistrer une émission spéciale promise à ABC Network. Le concert est correct mais Dylan met son veto sur la diffusion et il n'a plus le choix que de filmer l'avant dernier concert de la Rolling Thunder à Fort Collins dans le Colorado devant 25 000 personnes.
Vous vous dites que de péripéties? Mais le pire c'est que c'est pas fini. Le Zim décide de prendre deux jours de préparations qu'il mit à profit pour... se saouler dans un refuge de montagne. Et le jour du concert: c'est le déluge avec les bâches qui fuyaient, les musiciens qui jouaient sous l'eau. En résumé les conditions ne sont pas réunies pour faire un live de bonne qualité. Il faut dire que les apparences sont trompeuses, Hard Rain est un live incroyable. Le film ne fut jamais distribué mais l'enregistrement donna lieu à ce magnifique album. Dylan bouleverse son répertoire avec " Shelter From The Storm " virant au reggae, une version de "Maggie Farm" façon country, "Lay Lady Lay" devient une chanson hurlée. L'album se referme avec "Idiot Wind" qui efface littéralement l'original. Seul pêché de cet album: aucune trace de John Baez ou Roger McGuinn.
Un live fabriqué dans la souffrance qui génère une acidité et une violence peu commune pour un Zim qui devient presque détestable. Cette infatigable création provoque excitation et douleur. Rob Stoner (le bassiste de Dylan) résume : " C'était en quelque sorte un album punk ".