Parklife
- Label : Food
- Format : Album / CD K7 Audio
- Date de sortie : 25/04/1994
Aïe, aïe, aïe, je crois bien que j'ai vieilli !
C'est en tout cas la réflexion que je me fais soudainement à l'écoute de cet album.
Une époque bel et bien révolue. Le temps a fait son ?uvre, donnant un tout autre éclairage, sur ce disque.
Et avec un peu de recul maintenant, force est de constater, que des grands disques comme celui-là, Blur n'en fera (définitivement ?) plus !
C'était le point culminant de leur carrière, la pointe émergente de l'iceberg, la cerise sur le gâteau.
Avec cet album, ils décrochaient le pompon, donc, mais pas seulement.
Parce que plus de 10 ans après sa sortie, après le raz de marrée médiatique, l'emballement de la presse, la vague Brit Pop, voilà, cet album est toujours aussi génial.
Sur ce disque, de la créativité en veux-tu en voilà !
À cette période, le groupe avait une inspiration débridée, mais malgré tout canalisée.
Ce n'était pas encore le gloubiboulga sonore Blur ou 13 quand les restes de la veille se mélangeaient à la plus infâme mixture pour finir par écoeurer.
Ici, tout est cohérent.
Personnellement, je n'ai jamais cru à la sincérité de leur revirement "rock indé" douteux.
Et d'ailleurs, si on cherche la réelle indépendance de ce groupe, par rapport à la tyrannie FM, c'est belle et bien de se côté qu'il faut chercher.
Mis à part le hit "Girls & Boys" (et quel titre mon Dieu !), rien ici n'est fait pour caresser l'oreille de l'auditeur dans le sens du poil.
À moi-même, il aura fallu également à un certain temps pour digérer cet album.
Un album très dense, qui fait aussi bien référence à la pop déjantée d'XTC, au classicisme des Kinks, qu'aux chansons farfelues de Syd Barrett (Phil Barret de Magic America ?). On connaît de toute façon l'amour que Graham Coxon porte à ce dernier.
Le talent du groupe éclate sur des titres comme "Parklife", marrant et génial, raconté par un Phil Daniels en grande forme, où la guitare de Coxon est exploitée au plus juste.
"To The End", où Albarn stoppant 5 min les pitreries, charme Laetitia Sadier (Stereolab) sur un titre d'une très grande classe.
Des compositions très recherchées, des arrangements lumineux, une production chic.
Stephen Street aux manettes, rien d'étonnant, le producteur des Smiths. Que demande le peuple ?
Ce groupe n'aura finalement jamais été reconnu pour ses réelles qualités.
Obligés pour se faire un peu entendre de jouer les gros bras, de sortir des riffs cro-magnon tous aussi nuls et cheap les uns que les autres et de léguer un de ses plus mauvais titres à un jeu pour Playstation.
Plus ambitieux les disait-on, à ce moment là ? Je pense qu'au contraire, la paresse et la facilité a eu raison d'eux.
Blur est devenu un groupe de supermarché.
Lorsqu'ils sortiront quelque temps plus tard The Great Escape, clôturant ainsi une trilogie qui s'était amorcée avec Modern Life..., la messe sera dite !
Kaléidoscope, chic et clinquant, Parklife restera finalement comme un des meilleurs albums de pop racée et cultivée, que les années 90 nous auront léguées.
Et c'est déjà pas mal...