Baby 81
- Label : Red Ink
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 01/05/2007
Après (le remarquable et magnifique, permettez) Howl, il y avait 2 manières d'appréhender la sortie du prochain album des Black Rebel Motorcycle Club, en l'occurence baptisé Baby 81.
Il y a en effet ceux qui ont encensé le tournant plus folk, moins sombre et moins agressif de Howl, qui offrait cette certaine facilité d'accès à la galette. Ceux là attendent impatiemment un nouveau cd dans la même lignée. Et puis il y a les autres, les déçus par ce précédent album. Ceux-là sont ces éternels inconditionnels des 2 premiers disques , célèbres dans le milieu pour le style unique qu'ils ont présenté et imposé, le "son BRMC", le vrai, vous diront-ils.
Venons-en, à ce son BRMC. Car la réponse à la question du tournant pris sur ce nouvel album est en vérité favorable à ces fans de la première heure.
BRMC revient aux sources et délivre (n'en déplaise aux adulateurs de Howl) un rock puissant et efficace, celui regretté sur la galette précédente. Les guitares massives, les riffs gras, saturés et puissants sont ressucités, et la voix de Peter Hayes est plus que jamais crade et indélicate au possible, toujours aussi parfaite pour compléter l'ensemble instrumental.
Et malgré la période d'incertitudes que connait le groupe, le succès est bel et bien annoncé avant l'heure, comme le prouve les tubes présentés avant même la sortie officielle du disque, telles que "Weapon Of Choice" ou "Berlin" et son refrain entêtant. Mais on ne vous le dira jamais assez : méfiez vous des tubes. Méfiez vous des tubes, car les perles ne s'y cachent pas toujours.
Ici, on apprécie par exemple bien plus la simplicité et la consistance alignée dès le départ avec un "Took Out A Loan" bien enervé, bourré des détachement instrumentaux et d'une sortie des plus secouantes ; la contradiction apparente que semble imposer un magnifique trio piano clair + guitare lourde + batterie enragée ; le coté vicieux et trucker de "666 Conducer" qui crache lourdement un bon vieux décor de far west et qui vous met dans la peau d'un routier barbu traversant le désert dans son 10 tonnes bien rempli ; la progression planante de "All You Do Is Talk" ; la puissance d'un "Need Some Air" ahurissant par l'intensité et par la force de persuasion dégagée ; le sentiment bordélique, lassé, fatigué voire desespéré rencontré sur "Killing The Light" ou encore (et enfin) cette déconnexion soudainement incontroblable, perdue et furieuse réalisée avec une grâce surprenante sur près de la moitié d'un très endurant "American X" (9 minutes, sans blanc !) déjà incoutournable chez tous les amateurs du genre.
Un disque inondé de perles, et surtout de preuves d'une valeur sûre : même s'il arrive que la formation fasse quelques détours (expérimentaux ou non) le BRMC continuera à satisfaire leurs fans du premier jour et ne lachera pas de si tôt ses gros riffs sobres ni leurs allures brutales et sauvages qui leurs sont bien propres.
Un nouveau triomphe amplement mérité pour le trio.