Confield
- Label : Warp
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 27/04/2001
Pour profiter au maximum d'un album comme Confield, mieux vaut y mettre du sien, prêter attention aux moindres détails et avoir quelques talents de spéléologues tant les esquisses et bribes de mélodies y sont enterrées sous de véritables monceaux de percussions et d'effets en tous genres.
Pour le meilleur ou pour le pire, le duo semble être passé ici du statut de musiciens passés maîtres dans l'art de la programmation à celui de programmeurs voulant "générer" de la musique quasiment de manière aléatoire. Le charme et la magie sont maintenant supposées venir de l'accident et du hasard.
Inutile de vous dire qu'un tel changement implique que l'auditeur fasse le deuil des premiers albums et de leurs mélodies finement ciselées.
A l'instar d'Amber, Confield est toujours une sorte de musique de l'âme sauf que l'âme dont il s'agit ici concerne surtout les machines à supposer qu'elles en aient une.
Si l'on peut déjà s'interroger sur l'intérêt de la démarche, on n'oublie pas pour autant que le beau réside aussi bien souvent dans l'inutile.
Alors, on se met à écouter ce sixième album avec la ferme intention d'essayer de comprendre ce qui s'y passe ou tout du moins de tenter - si ce n'est de se l'approprier - de s'en imprégner petit à petit. Au bout du compte, l'image qui finit par s'imposer est celle d'une installation sonore froide, pseudo-intello et pleine de prétentions mal placées.
On n'y est jamais transporté ni émerveillé bien longtemps.
Rien non plus n'y est suggéré comme pour mieux nous faire comprendre que c'est à nous de faire tout le boulot et d'y interpréter ce que l'on veut.
Certes, on ne peut pas dire que ça ne sonne pas bien. La production est chirurgicale mais elle n'a pas grand chose à mettre en valeur.
Moi - je n'y peux rien - j'aime qu'on me raconte une histoire et j'ai toujours préféré écouter un disque qui me transporte en me remplissant de plaisir et d'enthousiasme à un autre qui me transforme en spéléologue et qui ne m'inspire au mieux qu'un vague sentiment de respect.
En résumé, je pense qu'il manque une partie de l'équation dans ce Confield et que cela donne un album assez facile et pauvre puisque la forme y prend complétement le pas sur le fond.