Automatic Writing
- Label : Record Collection
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 10/08/2004
Alors qu'on peine pas mal à trouver de l'info (et surtout de la musique !) croustillante chez nos maîtres de Fugazi, alors que McKaye semble passer tranquillement à autre chose avec The Evens, voilà que le sage Joe Lally s'acoquine avec l'un des seuls poivrons encore comestible et de son compadre touche-à-tout Josh Klinghoffer. La collaboration peut paraître incongrue lorsqu'on connaît la discographie rien à voir (et triste ces dernières années...) des Red Hot et même la partie épurée de celle de Frusciante, mais l'amitié peut vraiment faire des choses extraordinaires...
Ataxia sort donc de nulle part avec pour objectif de jammer, tripper un peu en live, et ma foi laisser au moins une ?uvre audio derrière lui. La formation exceptionnelle navigue au fur et à mesure de ces cinq titres (en 45 minutes à peu près) dans le noise de Fugazi avec l'énorme entrée en matière "Dust", le thème plus ambiant et nonchalant par "Another" aux allures de nyabinghi rock, le dub hystérique via l'excellent "The Sides", du slowcore transcendant tel le gros "Montreal" de fin, (pfffff !), ou la chanson sabordée avec le ?pouvant être horripilant' "Addition" en seul mini point noir d'un disque à deux doigts d'être divin. Le peu de défauts mis de côté, l'optique des musiciens s'entend tout de suite : les trois partenaires se sont à chaque fois laissés guider par un riff lancé par la basse de Lally, yeux fermés et mains sur leurs instruments, explorant sans timidité une inspiration au rendez-vous. Vues les carrières bien distinctes des bonshommes, il ne peut en ressortir qu'un post-rock pop-rock semi-instrumental où la voix est elle aussi un instrument pertinent. Lally est le maçon, Frusciante le charpentier, Klinghoffer le soudeur. Le premier apporte la base indétronable, le second peint allègrement, le dernier assaisonne en conséquence... Si la complémentarité reste celle d'un side-project, on est loin de la solidité ou de l'homogénéité d'un album de Fugazi, les trois artistes ont une place bien définie qu'ils honorent au plus haut de leur talent durant ces différents climats sonores. Et même si Lally fait strictement la même chose le long d'un morceau, il n'en reste pas moins un bonhomme qui a tout compris à l'efficacité de l'obstination auditive.
On n'aurait pas forcément pensé à assister à une telle réunion, le résultat n'en est pas moins au dessus de la frayeur dès plus réfractaires.