Unplugged
- Label : Warner
- Format : Live / CD
- Date de sortie : 02/11/2004
Tiens, voilà un album Unplugged de plus. Il semblerait que la mode lancée par MTV au début des années 90, pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs, soit de retour !! Archive s'y jette donc, et j'avoue que c'est plutôt une surprise. Pour un groupe qui a toujours pris un soin énorme dans la production de ses chansons avec moultes machines et arrangements, jouer 'dépouillé' me semblait un pari osé. Et à pari osé, bilan mitigé.
Les points positifs d'abord. En premier lieu, il y a le choix des chansons. Le groupe a pris soin de ne choisir que des titres "adaptables", où les arrangements originaux apportaient une plus-value mais sans réellement transformer les titres. Et en cadeau bonus, Archive nous offre deux covers plutôt sympas des Smiths ("Girlfriend In A Coma") et des inconnus Santa Cruz, enfin pour ce qui me concerne, ("Game Of Pool"). Si ces deux titres ne sont pas les plus consistants, ce ne sont pas les plus tristes non plus.
Autre point positif, le son. Il n'y a pas d'excès, Archive fait le choix de morceaux racés, très minimalistes dans l'approche, avec simples guitares et claviers accompagnant Craig Walker au chant. L'ensemble tient ici bien la route, notamment sur les versions plutôt bien réussie de "Fuck U" et "Goodbye".
En revanche, les aspects négatifs sont nombreux. Celui qui me frappe le plus, c'est justement le chant de Craig Walker, sans intérêt autre que ses jérémiades continues sur "Goodbye" ou "Noise". Loin d'être sans reproche au niveau de la justesse, il joue sensiblement sur le même registre où il excellait sur You All Look The Same To Me, mais en abuse au point d'en devenir caricatural et lassant.
Le second tient dans la formule Unplugged proprement dite, qui ne sied guère au groupe en rendant toutes ses chansons sensiblement équivalentes, à la fois dans le ton, l'accompagnement et la mélodie. Pour Archive, la richesse des arrangements studio est un élément qui s'avère tout simplement indispensable à sa qualité d'ensemble.
Enfin, il me semble criant que cet Unplugged est un produit marketing estampillé Warner, à savoir, comment faire beaucoup de fric sans en dépenser... Ne connaissant pas le niveau des ventes de cet Unplugged, je ne saurais dire si la recette s'est avérée payante. En revanche, je revendique le droit de m'opposer à une telle démarche soumettant un sous-produit, peu attractif et de piètre qualité à des fans qui s'empresseront de foncer dessus pour trouver la petite pépite qui manquait à leur discothèque.
Après trois premiers albums parfaitement maîtrisés, Archive s'est visiblement dispersé.