Philophobia
- Label : Chemikal Underground
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 02/02/1998
La phrase désormais mythique, "C'était la plus grosse bite que tu avais jamais vue....", ouvre ce deuxième et monumental album des écossais, et donne le ton d'une oeuvre tour à tour glaciale, mélancolique, étouffante et bouleversante. Les morceaux y reposent souvent sur quelques accords et des rythmiques simples, souvent jouées à la boite à rythmes, et servent de carcans à des textes incroyables sur les relations humaines, d'une étonnante justesse, à la fois crus et émouvants. Ce disque dégage une force rappelant Joy Division ou Felt, et envoit des groupes soi-disant sombres, comme Massive Attack, aux oubliettes. Ici, quelques notes de guitares ou de claviers posées sur une rythmique dépouillée peuvent se révéler beaucoup plus passionnantes que des morceaux complexes chez d'autres. Et surtout, la voix d'Aidan Moffat est incroyablement prenante. Notre homme semble totalement habité par ses textes. Le groupe se permet en plus quelques apports du meilleur goût, comme la trompette free de "The Night Before The Funerals", l'orgue de "One Day After School", et bien évidemment la première apparition discographique de la sublime voix d'Adele Bethel sur le presque insoutenable "Afterwards". Certains titres atteignent des sommets dans le glauque et le dépressif, comme "New Birds", "Piglet" ou encore l'incroyable "I Would'Ve Liked Me A Lot Last Night", où un violoncelle se mélange à une ligne de piano à faire pleurer les moins sensibles. Ce disque, d'une noirceur improbable, peut provoquer autant le rejet que la passion. Vous l'aurez compris, pour moi c'est la deuxième solution.