So Divided
- Label : Interscope
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 14/11/2006
L'annoncer comme suite logique de son Worlds Apart ne voulait-il pas essayer de faire passer un peu plus facilement la dragée de ce changement de cap ? Car c'est ici indiscutable: le Trail Of Dead a bien changé... En bien ou en mal, c'est plus délicat à dire avec conviction, ou plutôt dur à avouer... Pour le connaisseur accroché à leurs basques depuis leur éponyme production de 1998, il va sans dire qu'il va se ranger et croupir à côté du dernier Coldplay qu'un oncle lui avait offert et qui prend la poussière depuis son déballage. Pour les plus attentifs à l'évolution du groupe depuis Source, Tags & Codes, il va tout de même falloir fournir un effort supplémentaire... Non pas que cela soit mauvais, mais dur à suivre...
Il ne s'agit pas ici de la formation hardcore bruitiste et mélodique héritière de la bande à Thurston Moore, ou si peu. La finesse est de rigueur, le trip des arrangements brillants, déjà connus de ceux qui ont posé les oreilles sur Worlds Apart, est poussé au maximum sur So Divided, agréablement noyé dans le sustain de cymbale et la pseudo reverb naturelle d'une production mimant le classique. "Eight Day Hell" en est l'archétype Beatles soit désolant soit savoureux, c'est selon. "Stand In Silence" est d'entrée un rock un peu trop basique pour convenir au groupe, le coup est raté puisque déjà usé jusqu'à la moelle sur les premiers morceaux des deux précédents disques. On nous refait le coup de l'intro... Le bluesy "Naked Sun" n'a rien à faire dans le répertoire du groupe tant il est niais, les arrangements baroques n'y feront rien. On va en fait souvent avoir l'impression d'avoir à faire à un groupe de rock de plage commele génial Summercamp, mais sans trop de charme ou de caractère. On se demande également pourquoi les gus ont donné le même nom à leur album qu'une chanson pop aussi inexcusable que "So Divided". "Gold Heart Mountain Top Queen Directory" fait carrément passer les texans pour un Staind essayant de convaincre sous une configuration d'orchestre. Difficile de sauver les meubles, c'est que 9 titres peuvent passer bien vite...
En guise de maigre reste, les intentions de "Wasted State Of Mind" ou "Life", la présence enrichissante d'Amanda Palmer sur le sage "Witches Web", et la fin providentiel du disque avec un "Sunken Dreams" mêlant The Cure, Slint et une grandiloquence bien sentie.
En espérant que ce ne soit qu'un décrochage temporaire. L'album de face-b du Trail Of Dead, période Worlds Apart, voilà de quoi bien c(r)ibler son public. Snif...