Facelift
- Label : Columbia
- Format : Album / CD K7 Audio
- Date de sortie : 11/09/1990
Facelift n'est pas un album à mettre entre toutes les mains. D'un noir absolu, il peut choquer certaines sensibilités. A l'époque ce fut une véritable claque.
Tout est différent sur cet album: les riffs plombés, les tempos lourds, la voix de Layne Stanley, une ambiance malsaine et surtout des compositions comme jamais personne n'en a refait par la suite. Qui n'a pas tremblé en écoutant "We Die Young" ou le terrifiant "It Ain't Like That" ? Qui n'a pas été ému tout simplement par la sincérité de Layne Stanley sur "Man In The Box"? Des morceaux comme "Bleed The Freak", l'excellent "Love, Hate, Love" ou l'incroyable "Confusion" sont de véritables démonstrations d'audace et d'exécution épatante. Cela est dû souvent aux chemins labyrinthique empruntés, leur caractère angoissant et le mélange de chaud et de froid qu'ils suscitent.
Facelift contient toute la rage, la noirceur, le désespoir et les morbidités dont un groupe est capable. Les névroses de son leader conduiront le groupe à aller encore plus loin dans le glauque sur Dirt, pierre angulaire de la carrière d'Alice in Chains. Pour l'instant, Facelift, assez lent mais surtout plus varié sera l'occasion de poser leur marque de fabrique et de dévoiler, au-delà de l'agressivité intrinsèque, l'étendue des talents de Layne Stanley, Jerry Cantrell, Mike Starr et Sean Kinney. La force de cet opus, c'est qu'il recèle une richesse confondante tant par l'intensité des morceaux que par leur excès musical. Entre le début et la fin d'une chanson, ce n'est pas une ou deux mais plusieurs mélodies de chants que l'on entend, interprétées à différents degrés dans la violence, ainsi que des changements subtils de rythme et de tonalité, des solos inspirés de la part de Jerry Cantrell, des passages plus calmes mais tout aussi funestes. Tous ces éléments sont autant de chances de ressentir des émotions fortes.
Layne Stanley se détache des autres par son timbre de voix unique, effrayant et ressemblant au cri d'un zombie sorti de terre; il s'implique particulièrement dans les textes. Normal, ils parlent de divers sujets qui le tiennent à c?ur (drogue, drogue et drogue...). L'impact de ce disque à sa sortie fut retentissant, des clips obscurs où le soleil n'apparaît jamais jusqu'au son ténébreux et puissant. La formation de Jerry Cantrell peaufinait son art impur jusqu'à en dégager une aura à filer la chair de poule.
C'est pourquoi Alice in Chains représente une figure essentielle du grunge de Seatle et que Layne Stanley (mort d'une overdose en 2002) sera regretté à jamais.