Black Gives Way To Blue
- Label : Virgin
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 29/09/2009
L'annonce de la reformation d'Alice In Chains et de l'arrivée de Black Gives Way To Blue a eu de quoi effrayer. Ce groupe avait toujours été une créature bicéphale, le laboratoire d'un docteur Cantrell et d'un mister Staley. Chacun magnifiant les talents de l'autre pour aboutir à l'un des meilleurs groupes des années 90. Tableau presque parfait si on oublie une fin de décennie chaotique, et les interminables shoots qui finirent par emporter le corps décharné de Layne Staley après 5 ans de vie d'ermite.
Que devaient faire Cantrell, Kinney, et Inez après ce 4 avril 2002 ? Renoncer au plaisir de jouer ensemble les chansons qui ont façonnées 5 albums majeurs ? C'est ce qu'ils ont fait pendant près de 4 ans, avant de revenir timidement avec l'aide d'un certain William Duvall. Alors bien sûr en déchirant le blister de Black Gives Way To Blue, on se demande, comment cet outsider peut arriver à la cheville de son illustre prédécesseur, tant l'ombre de Staley est omniprésente. A l'écoute de l'album, on comprend qu'il est inutile de se demander si Duvall arrive à (sou)tenir la comparaison, ce dernier n'assure le chant que sur "Last Of My Kind", le reste des titres étant chanté par Cantrell, avec Duvall aux ch?urs. On aura donc compris que le guitariste devient seul maître à bord d'Alice In Chains, avec la ferme intention de perpétuer l'héritage.
Venons-en au principal : les morceaux. On y retrouve les principales caracteristiques du groupe : lignes de voix entremêlées, et des parties de guitares sombres et distordues. Et force est de constater que ça fonctionne très bien, si on met de côté un faible "Your decision", qui, sans être déplaisant, aurait pu figurer sur le Boggey Depot de Jerry Cantrell. On trouve même quelques perles comme "Acid Bubble" ou "Private Hell" qui ne feraient pas tache sur un album d'Alice In Chains "traditionnel". Comprenez avec un Staley les deux mains agrippées au micro. Le seul titre signé par Cantrell et Duvall ("Last of my kind") offre même des relents "Faceliftiens", ce qui n'est pas fait pour déplaire aux fans de la première heure. Les autres titres du disque, "Check My Brain" et "A Looking In View" en tête sont d'une grande efficacité, et trouveraient aisément leur place aux côtés d'un "Dam That River" ou autre "Grind". Rien de plus soit, mais surtout rien de moins.
Alors que demander de plus ? Rester bloqué sur le fantôme de Layne Staley priverait l'auditeur d'un bon disque d'Alice In Chains, peut être moins magique qu'à l'accoutumée, mais d'une qualité indéniable. Reste maintenant à voir le groupe sur scène, et juger comment il interprète les morceaux classiques de son répertoire.
Alice est morte, vive Alice ?