Alice In Chains
- Label : Columbia
- Format : Album / CD Vinyle K7 Audio
- Date de sortie : 02/11/1995
Alice In Chains (connu aussi sous le nom de Grind) est un disque qui s'écoute lorsque le ciel est gris, nuagueux, quand l'atmosphère est froide et humide, comme pour s'y immerger pleinement. Car, vous l'aurez bien compris, ce quatrième et dernier album du groupe de Seattle est un véritable concentré de noirceur.
Encore plus que sur ses précédents opus, Alice In Chains nous entraîne vers des contrées angoissantes et ténébreuses, à l'atmosphère sombre et pesante.
Comme à l'accoutumé, les harmonies vocales sont très présentes, baignant dans des flots de guitares sales et assomantes, tels des marécages boueux et nauséabonds. En effet, l'alliance des deux superbes voix de Layne Stanley et de Jerry Cantrell donnent lieu à des mélodies soit tout droit sorties des profondeurs de l' Enfer ("Again", "Head Creeps"), ou au contraire, d'une beauté à couper le souffle ("Haven Besind You", "Shame In You", "Frogs").
Plus on avance dans l'écoute d' Alice In Chains, plus l'auditeur semble s'enfoncer dans des abîmes sinistres et obscurs. La basse de Mike Inez devient de plus en plus caverneuse, la batterie de Sean Kinney lourde et pesante, et la guitare du talentueux Jerry Cantrell ( un des meilleurs guitaristes de sa génération ) incisive et violente. Les harmonies vocales sont de plus en plus délicieusement malsaines et macabres ("Again", "Nothin' Song", Sludge Factory") alors que le groupe part dans des délires noirs et morbides ("Sludge Factory", "Again").
Le fond semble être touché lorsque sévissent "God Am" et surtout "Nothin' Song", un des titres le plus sombre de l'album. L'ensemble est tout de même ponctué de deux 'ballades' : les magnifiques "Haven Beside You" et "Shame In You" ; cette dernière est sans doute une des plus belles chansons composées par Alice In Chains, où les voix conjuguées de Stanley et de Cantrell atteignent des sommets d'émotion et de magnificience.
Alice In Chains se clôt avec "Frogs" et "Over Now", plus posées que la globalité des morceaux de l'album, mais toujours empreintes d'un spleen désabusé.
Cet album éponyme (ou plutôt sans nom) d' Alice In Chains n'aurait pu être que leur dernier, tant leur style musical, qui n'a de métal que la forme et de grunge l' étiquette, arrive à son paroxysme et à son aspect le plus abouti.