Do You Imagine Things?
- Label : Regal
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 23/09/2003
Il paraît que le groupe mancunien à passé près d'un an dans les studios de Parlophone à Liverpool (leur nouveau label après Twisted Nerve, créé par Andy Votel et Damon Gough aka Badly Drawn Boy) afin de profiter au mieux des moyens pour peaufiner leur oeuvre luxueuse à venir. Et qui sait, à l'écoute de cette pièce sublime de pop bariolée et fantasque, les produits hallucinogènes qui ont du transiter dans ces locaux en quantité pharaonesque ? Une orgie créatrice et boulimique, qui fleure bon les sixties.
Car c'est bien de rock acide, tel qu'il existait au pays des sous-marins jaunes et autres sergents Poivre, dont il s'agit, celui que pratiquait les Zombies, Sagittarius ou les Beatles. Le fossé des années s'estompe, tant les arrangements foldingues, cette fraîcheur inouïe et ses harmonies vocales superposables, époustouflantes de justesse, rapellent la folie des grandeurs que possédait les groupes d'antant.
Mais si Alfie voyage dans des mondes oniriques, autrefois inventés de toutes pièces, le groupe n'en oublie pas son identité. En aucun cas ça ne sonne retro (grâce à une superbe production de Ken Nelson), et cela prouve au besoin le talent de ces cinq hommes, capables de conjuguer la facture classique des délires anciens avec l'exubérance totalement assumée de la pop moderne. Usant miracles de technologie d'aujourd'hui, Alfie multiplie les inventions, les délires et profite de chaque mélodie pour partir sur de nouvelles routes, rompant avec les sempiternelles ritournelles couplet-refrain. On retrouve, comme chez les Super Furry Animals ou The Beta Band, le goût pour les enfantillages et le rêve.
Car il est bien connu que c'est surtout dans la tête que le monde est plus grand et sans limite. Alfie dessine une contrée chatoyante et fantaisiste qu'ils explorent en même temps, aussi étonnés que des enfants perdus dans un conte de Lewis Caroll.
Avec leurs cervelles de cramé, ces musiciens extrémement doués et talentueux, redéfinissent le psychédélisme et lui redonnent enfin toutes ses lettres de noblesse.