The Golden Foretaste Of Heaven
- Label : Eat Your Heart Out
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 21/01/2008
Deux ans après Futurist, du rock'n'roll/indus selon Alec Empire, le berlinois revient avec un album qui, on peut déjà l'affirmer, fera beaucoup parler de lui. Mais que s'est-il passé durant ces deux putains d'années ? Après la tournée de promotion suivant la sortie de Futurist, 2007 débute par une mini-tournée de petites salles européennes, à la consonance profondément rock. Parallèlement, le maxi On Fire sort dans les bacs. Le titre sonne comme une chute de studio plutôt réussie de Futurist et ensuite, le silence radio : quelques DJ Party par-ci, par-là, notamment une première partie de Nine Inch Nails à Munich mais, surtout, un ovni est laché : "Robot L.O.V.E"., un titre calme, posé, ... électro ! Cet arrêt soudain de son penchant le plus rock, aussi bien dans sa musique que lors des concerts annoncerait-il la fin d'une ère et le début d'une nouvelle ?
Sans surprise, finalement, ce Golden Foretaste Of Heaven (GFOH) est un disque d'électro rockisant calme et serein. Interpellant clairement le fan des premières heures d'Atari Teenage Riot, cet album joue un jeu de cartes tout à fait inattendu, bien que facilement anticipé, aux quelques sucreries appréciables. Le beat est doux, mélodique, les morceaux se résumant la plupart du temps à de grosses nappes électroniques ? produites au clavier ou à la guitare - ponctuées de sons, notes et beats rappelant les couleurs et un peu la niaiserie de la scène électro des 80's. Je vous rassure, le terme "résumant" n'est pas là pour dévaloriser et illustre, finalement, assez mal le résultat : les titres sont recherchés et travaillés... mais clairement dépouillés. Il semblerait même que ce terme soit maître mot sur ce nouvel album : tout y est d'une simplicité logique, "1000 Eyes" en devenant presque ambiant. Ne nous perdons pas, cette réalisation est clairement mélodique, et variée de surcrois, bien que courte et directe. Un choix qui lui sied à la perfection. La production va par ailleurs dans ce sens, relativement moelleuse sans tomber dans le mielleux.
Mais, inévitablement, Alec ne peut pas non plus se perdre tout à fait, il n'en n'oublie pas ses origines. La plupart des sons utilisés, des effets guitares ou basses, font écho à son passé, comme pour clouer directement le bec aux futurs contestataires qui crieraient aux fesses vendues du berlinois, cherchant systématiquement un nouveau Intelligence & Sacrifice en chaque réalisation d'Empire, déjà déçu par un Futurist trop rock. Une chose est claire, l'ex-ATR s'éloigne de plus en plus de ce qu'il a déjà fait, gardant sa patte, ce Golden Foretaste Of Heaven ne ferait que vaguement saisir à Elvis dans ses heures les plus hawaïennes malgré les quelques légères accélérations de tempo jamais vraiment méchantes, mais les sons et la voix nous rappellent instantanément que nous sommes devant du Empire.
Pour conclure : ce nouvel Alec Empire n'est certainement pas un chef-d'?uvre, c'est une évidence, mais il rempli clairement son contrat, nous surprend sur un terrain que l'on n'attendait qu'à moitié et rien que pour cela, chapeau bas à Mister Empire, qui, décidemment, change de style comme de chemise. Un album sans aucune prétention mais avec son potentiel.