Intelligence & Sacrifice
- Label : Digital Hardcore
- Format : Double Album / CD
- Date de sortie : 13/05/2002
Barré ! Ce type est complètement barré ! Ex-frontman de Atari Teenage Riot, Alec le fou débarque en 2002 avec ce brûlot d'un autre monde, répondant au doux nom de Intelligence & Sacrifice. Aux chiottes le conformisme, telle semble être la devise de cet électron libre de la scène indépendante. Ne pas oublier de tirer la chasse d'eau aussi, et de passer un coup de désodorisant.
Sous la forme d'un double-album, nous sommes conviés à vivre deux expériences soniques radicalement différentes. Et comme le veut la logique, on insère le premier disque en s'attendant à tout. Sur un fond de synthé apocalyptique, Alec nous gratifie d'un discours nihiliste, dans le genre "le calme avant la tempête - préparez-vous à en prendre plein la gueule". Et c'est parti, la machine s'emballe, délivre un mélange ultra-brutal de métal et de techno-hardcore (hardtek pour les intimes). Ca dépote sec comme dirait l'autre, les B.P.M s'affolent, soutiennent la voix compressée au maximum du méchant Alec. Parfois, un instant de répit nous est offert, histoire de respirer pour replonger illico dans une spirale de violence. Truffé de samples en tous genres et de guitares abrasives, l'album se pare d'une couleur indus qui rappelle immanquablement les ténors du genre que sont Nine Inch Nails ou Ministry, en restant un cran au dessus au niveau "lobotomie". Dans l'ensemble, ce furieux melting-pot que constitue le premier disque ravira tour à tour le fan d'indus ("Addicted To You", très réussi), le fan de punk-hardcore ("Tear It Out"), et le fan de death-métal ("Death Favours The Enemy"). Le tout à la sauce électronique, pour un résultat qui "défouraille", mais sans grosse originalité il faut bien avouer.
Puis vient le moment, où, déjà usé par le premier chapitre, on s'intéresse au deuxième CD. Un tout autre trip. Finis les B.P.M déjantés, place à plus d'une heure d'électro expérimentale, volontairement calme, mais qui n'en est pas moins aliénante ! Epreuve éliminatoire, survivre à ce premier titre de trente minutes qui fait tourner en boucle une même mélodie, avec bien entendu des changements d'intensité. C'est clair, il faut s'accrocher, car ce genre de musique est plus propice à égayer la fin d'une soirée de débauche qu'à nous faire réellement vibrer. Il en va de même pour tous les titres, dont l'intérêt est vraiment inégal. Essayez "Parallel Universe", qui vous plonge plus bas que les abîmes, pour vous faire une idée. Certes, il y aura toujours un public pour ce genre de musique, car après tout, ce n'est pas si désagréable à écouter, mais le premier disque est incontestablement supérieur.
Une double-galette à consommer avec modération donc, même si rien ne vaut un bon vieux "Path Of Destruction" !