Pocket Symphony
- Label : Virgin
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 05/03/2007
En ce jour humide de Mars, nous entrons dans le nouveau living room des French Boys de Air...
On enlève nos chaussures pour ne pas trop dégueulasser l'entrée, et après avoir été respectueusement accueilli par deux hologrammes dorés, on avance doucement, méticuleusement, puis on lève les yeux...
La déco est refaite à neuf, c'est stylé, classe, bleu et or, avec une touche de noir pour le contraste... On perçoit des restes de l'ancienne déco par ci par là, ça respire la fraîcheur d'un printemps qui se fait attendre....
Alors on se pose sur un magnifique fauteuil en cuir noir, les yeux et les oreilles grandes ouvertes...
La délicate rythmique de "Space Maker" ouvre l'album par une introduction instrumentale toute en pureté. C'est à partir d'elle que les plans de la nouvelle pièce ont été posés, fusionnant avec "Alone In Kyoto" qui terminait le précédent opus.
Et là commence un nouveau voyage, par le Japon. Oui, car je ne l'avais pas dit mais leur nouvel appartement se situe bien là, à Kyoto...
Par "Once Upon A Time" on découvre une partie de la ville qui se dévêtit, sensuellement, lascivement, pleine de timidité intrigante... On se retrouve alors petit garçon, petite fille, tenus par la main par ces deux hologrammes envoûtants pour nous faire voir du pays. Un temps rejoint par Jarvis Cocker sur "One Hell Of A Party" où il nous raconte sa métaphore des durs lendemains de soirée bien arrosée, le tout sur fond de shamisen et koto... Mais Kyoto ne se laisse pas dévêtir de la sorte avouent nos deux compères, son amour doux et chaud nous brûle et nous aspire, il va même jusqu'à nous brusquer en plein songe sur "Napalm Love"...
Le ton de "Mayfair Song", une instrumentale plus reposée, nous montre toute la difficulté de s'attirer les charmes de la petite ville, démasquant à la fois des sentiers moins connus... où l'on s'engouffre volontiers jusqu'à "Left Bank" pouf une petite halte dans ce voyage nippon : 'without you I'm getting lost, I can't hold the sun'...
Puis une ode à la beauté de Kyoto : "The Angels Cry To Have Your Photograph", toute en glockenspiel et fragile comme du verre, nous conduit au bord de la Mer Du Japon, nous offrant ainsi un panoramique à en perdre la raison... Des images vertigineuses et enivrantes engloutissent toute tristesse, tout malheur, toute peur, toute agitation... Elles nous fascinent, nous lavent, nous poussent à introspection... Délivrant alors "A Lost Message", un magnifique morceau instrumental, pensif, méditatif, lointain.
Enfin, nous sommes rejoint par Neil Hannon qui nous accompagnera un instant par "Somewhere Between Waking And Sleeping". Ce titre aux sonorités assez nouvelles est empli de grâce ; et c'est sur cet apaisement qu'on rentre à Kyoto...
A l'entrée de la ville, "The Redhead Girl", cousine de "Cherry Blossom Girl", nous attendait non sans un certain agacement, elle est très susceptible... Et lorsqu' on rentre avec elle dans la ville, le temps s'arrête, la magie refait surface et arrivé à bon port, on s'endort paisiblement sur "Night Sight"...
Pocket Symphony, entièrement bâti sur les ruines d'"Alone In Kyoto", est un véritable road trip sur les routes du Japon où sagesse, magie et apaisement s'entremêlent pour un instant de calme furtif sur cette bonne vieille Terre décidément bien trop agitée...
Remercions ainsi nos deux compères Nicolas et Jean Benoît, ainsi que Jarvis et Neil, de nous donner un peu de cette paix...
Merci à eux.