Kings Of The Wild Frontier
- Label : Epic
- Format : Album / CD K7 Audio
- Date de sortie : 02/02/1980
Pauvre Adam Ant. Privé de son backing band parti sans dire au revoir avec le vilain Malcolm McLaren pour former Bow Wow Wow, l'anglais demeuré se retrouve tout seul. Mais par on ne sait quel miracle, Stuart Leslie Goddard de son vrai nom trouve rapidement de nouveaux musiciens dont un certain Marco Pirroni, vieux de la vieille de la scène punk anglaise, pour donner une suite au médiocre Dirk Wears White Sox.
Ce sera Kings Of The Wild Frontier, énorme carton en terre anglaise qui va lancer le mouvement dit des 'nouveaux romantiques'. Oh le gros mot ! Les nouveaux romantiques... Vous savez tous ces groupes sensés être influencés par Roxy Music et Kraftwerk mais en réalité aussi doués que Sheila et Carlos. Et puis les fringues aussi... Adam Ant c'est THE nouveau romantique. Look improbable entre indien bariolé et pirate assoiffé de verges, le costume Gucci de la gaypride. Ah quelle époque formidable... traumatisante mais formidable.
Mais au-delà de cet aspect totalement risible, Adam And The Ants il faut bien le dire, réalise un deuxième album que même le fan de Joy Division écoutera sans honte (enfin si un peu). En parfait raccord avec son look de guerrier homo, Adam Ant mène ses troupes au cri de 'Antpeople are the warriors / Antmusic is the banner' ("Kings Of The Wild Frontier") sur fond de guitares épaisses et percus tribales. Dans ce rock mutant qui a plus avoir avec XTC que la new-wave fétide d'un Duran Duran, on y trouve une bonne poignée de chansons grandioses qui emprunte à la musique surf ("Los Rancheros"), Ennio Morricone ("Dog Eat Dog") ou même à Link Wray (le riff de "Rumble" réutilisé dans "Killer In The Home"). Fantastique melting-pot coloré qui détonne avec la scène post-punk grisâtre de son époque.
On jouit de crétinerie à l'écoute de ces hymnes ridiculisés par des paroles affligeantes et les aboiements d'un chanteur cocaïné. Plaisir coupable comme dirait l'autre, mais plaisir quand même.