Thirteenth Step
- Label : Virgin
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 16/09/2003
A Perfect Circle fait partie des nombreux side-projects qui se développent un peu partout dans le métal. Fiers d'un 1er album fort réussi, sorti en 2000 chez Virgin, Billy Howerdel et Maynard Keenan (échappés de Tool) remettent le couvert en 2003, avec en prime un line-up remanié -et non des moindres-, puisque Jeordie White (si je vous dis Twiggy Ramirez, vous voyez de qui je parle ?! ) a suppléé Paz Lenchantin à la basse, et que James Iha est également venu les rejoindre (oui, il y a une vie après les Smashing Pumpkins !).
Les présentations faites, passons donc au menu de ce Thirteenth Step à l'esthétique visuelle soignée et énigmatique. Et là, on ne peut que s'incliner devant le petit bijou d'ouverture, "The Package", ou comment retenir son souffle pendant 7min30. La construction est impeccable, le groupe prend son temps pour faire croître la tension, appuyée par une rythmique basse-batterie soignée à l'extrême et brillamment dosée. Un chef d'oeuvre incontestable ! S'en suit le single "Weak & Powerless", plus conventionnel mais très efficace, réaffirmant la marque de fabrique d' APC découverte sur leur 1er LP. "The Noose" et "Blue" sont quant à eux servis sur un plateau d'émotions, tant ces deux titres vous pénètrent le cerveau et l'âme sans détours ("Blue" abordant notamment le délicat sujet du silence coupable devant la violence subie par une femme). La voix si particulière de Maynard y est évidemment pour beaucoup, et il est vrai qu'au fil du temps, il en a acquis une grande maîtrise qui se confirme à nouveau ici. On pourrait en rester là, ces 4 premiers morceaux semblent avoir tout dit, et on ne voit pas bien ce que APC pourrait encore avoir à prouver ... Et il aurait peut-être mieux fallu en rester là justement. Thirteenth Step impressionne d'entrée de jeu, mais s'essouffle malheureusement un peu vite. Non pas que l'énergique et subtil "The Outsider" ne vaille le détour, ou que "The Nurse Who Loved Me", délicate ballade au piano, soit dépourvue de toute beauté. Certainement que non, mais on est bien obligé de reconnaître que cet album souffre d'un déséquilibre flagrant ; ou disons plutôt qu'on nous a servi un plat d'entrée tellement raffiné et irréprochable, qu'on a alors du mal à apprécier la suite du menu à sa juste valeur.
Malgré tout, A Perfect Circle affirme une véritable identité avec ce second opus, grâce à un son et une démarche tout à fait singuliers ; et l'apport de J.White et J.Iha ne fait qu'amplifier l'intérêt que présente ce combo.
Le cercle n'est pas encore tout à fait parfait, mais on n'en est plus très loin.