Emotive
- Label : Virgin
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 02/11/2004
Composé, enregistré, et mixé dans l'urgence, ce 'nouvel' opus d'APC laisse perplexe. Quasi exclusivement constitué de reprises, l'on pouvait craindre que le groupe ne se laisse aller à la facilité et enchaîne des photocopies des originales.
Fort heureusement, ce n'est pas le cas, car non seulement APC s'est attelé à s'approprier chaque titre, pour le jouer à SA manière, mais qui plus est, le choix des morceaux constituant le tracklisting fait preuve d'un bon goût et d'un éclectisme appréciable (ça va de Marvin Gaye à Black Flag, en passant par Depeche Mode .... Joli tour de force). Mais quand vient l'heure de rendre son verdict, l'on reste en proie au doute ... Faut-il louer la qualité des réorchestrations ? Souligner le bon travail effectué sur le son ? Vanter la masse de boulot abattue en quelques mois, compte tenu du fait que tout a été recomposé ? ... Ou faut-il au contraire fustiger la relative fadeur de l'ensemble ?
Et bien tout ça à la fois je suppose, et c'est bien là le problème. Le disque n'est pas mauvais, mais reste anecdotique. Mélodiquement, une minuscule poignée de morceaux retient l'attention : "Imagine" troublante de décalage, ou "What's So Funny About Peace, Love, And Understanding" magnifiquement assurée par Billy Howerdel au chant. Mais la plupart du temps, l'intérêt réside dans les ambiances et le travail sur le son. Le problème étant qu'à ce niveau, nombre de groupes trip hop les surpassent allègrement ...
On en reste malheureusement à applaudir quelques secondes bien menées dans la majorité des titres, se raccrochant à un arpège intéressant par ci par là, un riff efficace ou une harmonie vocale bien fichue. Des détails en somme...
Les 2 seules compos originales de la galette demeurent décevantes (à savoir "Passive", qui à la base devait d'ailleurs s'intituler "Vacant" et devait même appartenir à un projet commun d'APC et NIN, aujourd'hui abandonné, et répondant au nom de Tapeworm. Pas très neuf donc, pour quiconque suit l'actualité de la bande à Maynard), et surtout, un remixe complètement raté et inintéressant de "Pet" (présent sur le génial 2ème album d'APC), ici intitulé "Counting Bodies".
En conclusion, ce disque n'a pas pour autre ambition que de coller à l'actualité politique du moment, en proposant une collection de morceaux agréables dans l'ensemble, mais jamais passionnants. Une parenthèse dans la discographie d'APC donc, dont eux-mêmes doivent avoir conscience qu'elle est loin d'approcher, en terme qualitatif, la teneur des albums précédents.