A Beautiful Lie
- Label : Immortal
- Format : Album / CD
- Date de sortie : 30/08/2005
30 Seconds To Mars, ou le groupe qui cartonne chez lui aux Etats Unis, mais qui semble ignorer qu'il existe d'autres continents ... car on attend toujours de les voir tourner un jour en Europe ! ...
Deuxième production, A Beautiful Lie sera clairement ressenti comme une déception par ceux (comme moi) qui avaient apprécié le premier opus pour sa richesse, sa minutie et l'intelligence de son concept. Mais pourquoi 30 Seconds To Mars n'échappe t-il pas à cette règle, qui veut qu'un groupe ayant réussi son premier album, s'acharne à répéter la même formule -mais en moins bien- dans le second ? ...
D'entrée, on est supris par le chant de Leto qui a ici clairement perdu de sa singularité et de sa finesse qui étaient les siennes sur l'album éponyme. Beaucoup de beuglements pour rien ici, ou alors pour combler le vide de sens des textes ... Mais crier dans le vide ("The Kill") n'a jusqu'à présent jamais montré de grands résultats.
L'ensemble est très lourdaud, mal fagotté, voire bâclé dans certains cas ("The Fantasy"), et l'on cherche désespérément les petites pépites qui faisaient toute la beauté de leur opus paru en 2002. Le groupe perd son temps avec des ballades mollassonnes sans grand intérêt ("Was It A Dream ?"), ou s'épuisent à répéter des effets sonores déjà mille fois entendus ailleurs.
Evidemment, 30 Seconds To Mars réussit quand même, en bout de course, à nous sortir quelques bons passages, notamment le titre d'ouverture "Attack", facile mais honnête, ou encore "Savior", "From Yesterday" et "The Story", seul vrai morceau avec un fond d'âme.
Deux titres cachés concluent la version import, dont une reprise du "Hunter" de Björk, respectable.
A Beautiful Lie a à peu prés égaré en chemin l'essentiel des qualités du combo qui transpiraient sur le premier opus : le concept, l'univers du groupe, la couleur très marquée de leur musique, l'originalité du chant, l'enchevêtrement des morceaux les uns avec les autres, la finesse des compos, et surtout l'âme du groupe.
Ne reste ici que le superflu, le grossier, le trop facile, le vite fait. Réellement dommage, car il y avait matière à aller vraiment plus loin.