13 & God
- Label : Anticon
- Format : Album / CD Vinyle
- Date de sortie : 20/04/2005
La perspective d'une rencontre entre les rappeurs déjantés de Themselves (et plus gobalement d'Anticon) et les géniaux et rigoureux electro-poppeux de The Notwist était tellement prometteuse tant en termes de création musicale que d'émotions intenses que les premières écoutes de cet album se révèleront fatalement décevantes.
Décevantes en regard du niveau auquel nous avait habitué chaque groupe séparément, décevantes, parce qu'on ne pouvait s'empêcher de fantasmer en attendant l'album, et, c'est bien connu, après une trop longue attente, c'est souvent la déception qui pointe.
Alors, oui, on regrette que nos lascars ne mélangent pas plus leur style respectif, restent autant cloisonnés dans leur univers ("Men Of Station", du Notwist tout craché, comme "Soft Atlas" ne ressemble à rien d'autre que du Anticon).
Bref, c'est sympathique, toujours supérieur au reste de la production actuelle (y'a pas de mal...), mais on reste quand même sur sa faim.
Mais, car il y a toujours un mais, parce que tel passage de tel morceau avait un je ne sais quoi de prenant, parce que à tel moment, c'est quand même pas mal du tout, on revient à cet album, on l'écoute, encore et encore, et on découvre que tel passage, justement, ressemble bien à un mélange de genres, pas de ceux qu'on s'était imaginés, non, et ce n'est peut-être pas plus mal.
Ainsi "Ghostwork" offre-t-il un beau terrain de jeu: des notes de pianos éparses, une basse toute "notwistienne", et la voix de Doseone si reconnaissable, et au final un des morceaux les plus émouvants de l'album, pas forcément le plus confortable.
On écrasera aussi une larme à l'écoute de "Superman On Ice", et ses violons désarmants.
Alors oui, 13 & God n'est surement pas un album aussi abouti qu'une productions d'un des groupes (mais était-ce concevable pour une première rencontre ?) et surtout il ne correspond en rien à nos attentes -ce qui est le plus beau compliment que l'on puisse faire à des artistes qui ont toujours su nous surprendre.