Paris [La Boule Noire]
18/05/2006
Je me suis demandé ce que j'allais voir ce soir-là, en arrivant à la Boule Noire. J'ai beau avoir écouté leur premier album en boucle, avoir entendu des extraits de leur prestation à la Route du Rock 2004 sur France Inter, je n'arrive toujours pas à cerner la musique de ces lascars.
Le premier contact visuel s'opère pendant le set de Celebration, qui assure la première partie: un imposant rasta à lunettes débarque sur scène pour chanter un morceau en duo avec l'étonnante frontgirl de ce groupe atypique (clavier, batterie, chant). On ne l'entend quasiment pas (peut-être est-ce dû à mes bouchons d'oreille premier prix, rendus nécessaires par un enchaînement Wampas/Mudhoney dans la même semaine); mais sa présence a déjà quelque chose de mystique.
Quand TV On The Radio débarque enfin sur scène, la salle prend feu en quelques secondes; les premiers rangs d'un public pourtant composé majoritairement de popeux et de cadres dynamiques se déchaînent brutalement sous l'effet de l'homme caoutchouc qui occupe le devant de la scène. Le rasta de la première partie est à sa droite, impassible, distillant ses riffs de guitare et ses vocalises aériennes. A leur gauche trépigne un petit énervé à lunettes qui torture sa guitare. Et tout à coup je saisis toute la magie de ce concept musical : "Marvin Gaye and The Noisy Shoegazers". On est très loin de ce premier album limite electro: sur scène il y a un vrai groupe, une vraie section rythmique, et les guitares sont en liberté; et puis il y a ce chanteur au jeu de scène sensuel et dense, qui électrise le public.
Seul petit regret : qu'ils n'aient pas encore d'autres morceaux du calibre de "Staring At The Sun", dont la version live m'a collé au plafond de cet affreux tunnel qu'est la Boule Noire.