Paris [La Cigale]
30/04/2006
Nous entrons tout doucement dans cette salle de la Cigale, une ambiance plutôt sombre s'est emparé d'elle, et les décors de ce théatre à l'origine se prête bien a la mise en sène que nous allons assister.
Tout d'abord nous voyons une première partie plutôt raisonnale des krautrock normands de Steeple Remove, nous balançant quelques riffs shoegaze, et des nappes psychées.
Enfin le prophète Efrim et ses 6 apôtres nous donnent à voir une mise en scène mystique.
Commençant par un "God Bless Our Dead Marines" époustouflant:
débutant par une longue intro posant les cordes et l'ambiance, la voix magnifique et shamanique d'Efrim va faire monter l'intensité jusqu'a ce que le batteur nous assène de coups efficaces et chargés d'émotions, ca tape du pied et on a tous la larme a l'oeil, tellement on était impatient de voir ou revoir ces magnifiques Canadiens, puis ils finissent cette chanson par un a capella très joli en canon, et pas faux, n'abusant pas de leurs voix plaintives.
Tout est cohérent, on se dit, ces musiciens ont tout compris, leurs messages politisés est tres bien révélé par leur musique. Les Canadiens du Mont gris ne font plus qu'un, créant une parfaite osmose entre eux: sur une version plus chantée et beaucoup plus sombre et tragique de "Mountains Made Of Steam", les chants incantatoires se mettent en place, grâce a une disposition scénique incroyable (chaque membre était tourné vers le centre) pour invoquer un quelconque esprit... par la suite l'ensemble à cordes sèches et vocales vont alterner nouvelles chanson et moins récentes, je suis scotché par cette intensité, et ce charisme que dégage Efrim, ne sachant comment décrire cette musique. Le public est totalement conquis et ravi par cette prestation, et le rappel se fait flagrant.
La formation revient avec le sourire, blaguant un peu, il nous délivre un nouveau morceau "Blind Blind Blind" qui est une très bonne surprise et nous laisse envisager un bon futur pour le groupe, l'intensité est au rendez-vous dans ce morceau assez rythmé et toujours "magnifique" je me repète je le sais, mais que voulez vous. Les Canadiens termineront par une version époustouflante de "Teddy Roosevelt Guns", qui est joué a un tempo bien plus lent, et on est encore une fois conquis par la cohérence et l'intensité du morceau.
Le public applaudit, applaudit, mais le temps est dépassé depuis 10 minutes, Eric revient pour nous dire que ce n'est pas la peine, s'excusant.
On ne veut pas partir, et on est tous conscients qu'il s'est passé quelque chose ce soir-là... revenant chez nous on ne veut pas quitter la bulle dans laquelle nous sommes rentrés et une atmosphère de tranquilité et de joie nous traverse.