Paris [Rock En Seine - Grande Scène]
25/08/2005
Ces canadiens, aussi timbrés que géniaux, sont de purs gamins.
De vrais enfants, joueurs, chamailleurs, chippies et égocentriques.
Ils passèrent leur temps sur scène, transformée pour l'occasion en terrain de jeu ou en cours de récréation, à frapper sur tout et n'importe quoi (caisses, cymbales, casque de moto...), à casser les micro-pieds, à faire des mimes, à s'échanger les places et les instruments comme au cours de chaises musicales, à se partager à trois le même micro ou bien à se battre tout simplement.
Comme des gosses, l'amitié et la communion au sein du groupe, était rayonnante. Le public, venu nombreux assister à LA sensation de l'année, s'enthousiasma très vite pour ces gais lurons, à la musique multi-instrumentale survitaminée et absolument magnifique d'inventivité.
Et pourtant ces adultes qui refusent de grandir savent mieux sans doute que quiconque manier la grâce et la porter, au cours de chansons tendues et divinement déstabilisantes, vers des sommets élégiaques et splendides. Arade Fire est sans doute l'un plus audacieux, courageux et talentueux groupe aujourd'hui, pratiquant une musique rafraîchissante, sorte de post-pop décoiffante. Leurs textes, profonds, graves et tristes, sont joyeusement masqués par l'énergie insouciante des compositions, interprété sur scène avec une énergie emballante. Comme tous les gosses, Arcade Fire refuse les choses graves et tristes et préfère les détourner pour mieux se soigner.
C'est du baume au coeur que jette ce groupe sur les gens. Et même bien plus: de la joie, de l'espoir et une part de rêve sans doute aussi. Car, comme tous les gosses, elles rêvent beaucoup ces personnes-là...