Paris [La Cigale]
18/11/2005
Je pensais, comme apparemment pas mal de spectateurs, voir la bande de joyeux drilles qui avait dégainé I Should Coco il y a dix ans, et je suis tombé sur ... autre chose.
Gaz Coombes, d'abord : un songwriter dont les compos résistent à l'épreuve du 'débranchage'. Un multi-instrumentiste très à l'aise sur scène, malgré sa dégaine d'ado planqué derrière son chapeau. Un vrai chanteur, qui a mis en évidence la vacuité vocale de celui de Asyl, qui assurait la première partie ?tâche particulièrement ingrate.
Une bonne bande de potes autour de lui : pour pallier les absences, ont été débauchés rien moins que le batteur de Ride, le clavier des 22-20's, et un percussionniste au professionnalisme impeccable.
Le résultat ? La même impression que pour REM à Bercy : un show varié, fluide et très maîtrisé, une musique de qualité, mais plus très spontanée. Supergrass est vraisemblablement en train de réussir sa conversion de groupe d'énervés talentueux en valeur sûre de la variété internationale, et d'une manière plus constructive que Coldplay. D'ailleurs, la clientèle n'est pas la même : la moyenne d'âge est passée dans la tranche 25-35 ans, et ne s'offusque pas quand l'hymne bourrin "Caught By The Fuzz" est interprété à 2 grattes sèches en début de set. Ce qui ne l'empêche pas de bouillir quand l'électricité revient sur "Richard III".
Restent des moments magiques : le très électronique "Kiss Of Life" en version laidback, limite Nouvelle Vague, des classiques particulièrement efficaces joués à l'ancienne ("Pumping On Your Stereo", "Grace"). Mais également des passages un peu longuets, notamment les morceaux du dernier album, joués en solo à la guitare ou au piano.
Et quand arrive en dernier rappel ce pourquoi j'étais venu (-"Lenny" version électrique)-, je suis déjà passé à autre chose. D'ailleurs j'aurais préféré "Strange Ones" ou "Lose It".