Paris [Point Ephemère]
21/04/2006
C'était la deuxième chouette surprise de la semaine, après celle que m'a fait mon pote mercredi (il m'a emmené voir Sonic Youth à la maison de la radio). Si on s'en sort un peu en anglais, on a pu comprendre Thurston dire que vendredi il y avait "un truc" au Point Ephemère. En fait, il devait jouer avec la nana tarée de Magic Markers (sur Ecstatic Peace, le label de Monsieur, un rock expérimental bien punk, violent, déroutant). Mais ce soir là, ils étaient tous là, on a vu débouler Kim, Steve et Thurston (Lee devait déjà être là, pour s'occuper du matos). Y'avait plus trop de surprise, mais plutôt de l'excitation partout.
Il y avait beaucoup de monde au bord du canal, peut être que ceux qui n'avaient pas de ticket étaient aussi nombreux que les 300 (Sold Out) qui étaient dedans. Le Point Ephemère, en béton au bord de l'eau, c'est vrai que ça change des champs boueux où il y a 10 000 personnes, dont 3000 furieux qui hurlent (à raison) qu'ils sont beaux, que c'est génial, qu'on les aime tous et qu'on revoudrait bien encore "Brother James", "Diamond Sea", "Starfield Road" ou "Karen Coltrane" dans nos faces... Dedans donc, comme une sorte de miracle, c'était Sonic en LIVE ! Une petite salle comme on aime, petite scène, adieu murs d'amplis et la collection de guitares. Ici, chacun une, avec le matériel de Magic Markers. Et rien ne change. On peut sentir le son s'enrouler autour de nous, voir tout l'espace rempli de Sonic Youth, clair et ample... et c'est tout petit, ils sont vraiment tout près, là, très proche les uns des autres (Claire Denis filme, trouve une petite place discrète par là). Quelle présence. Un vrai groupe de scène, la grande classe.
Ils ont joué quatre titres, du dernier album à venir (sorry, no set list), le vingtième donc, un de plus qui ne nous décevra pas. Encore quelque chose de magique là dessous. Ils se sont abstenus de tout détruire à grand coups d'envolées noise (comme à la maison de la radio, le concert termine par "Mote" - c'était la même set list qu'au nouveau casino - où les guitares hurlent encore après le départ des garçons), Magic Markers s'est occupé de cela.. Court, net, Happiness.
Pour la petite histoire, la première fois que j'ai vu Sonic Youth, c'était le 21 avril 1996 (c'est écrit sur mon ticheurte bleu avec une machine dessus). Bon anniversaire. Merci.
Et pour la note, je dirais qu'un concert de Sonic Youth, c'est forcément intemporel (peut être l'ambiance générale peut nuire, style dans un champ à Saint Cloud, où quand y 'a l'autre con - Jim - qui fait son malin dans la cour des grands). C'est subjectif ? Ah Bon ?
Then run to see it.