Paris [Rock En Seine - Grande Scène]
25/08/2005
Sans avoir à se déchaîner sur scène, les Queens Of The Stone Age imposèrent aux yeux du public du grand festival parisien, massé sur la pelouse du Parc St Cloud, tout leur charisme, indépassable et carrément monstrueux !
Il faut dire que leur simple présence pouvait déjà suffire à un respect des plus élogieux: Alain Johannes, le colossal Joey Castillo (ex-Danzig), l'élégant Troy Van Leeuwen, tout en sobriété (ex-A Perfect Circle) et bien sûr Josh Homme, guitariste au sein des (déjà) cultissimes Kyuss, fondateur du mouvement stoner et un des plus grand groupe américains des années 90. Le géant rouquin fit d'ailleurs une prestation phénoménale, cultivant le goût pour la provocation, digne de la plus géniale nonchalance sexe/drogue/rock, avec un malin plaisir, tout en emballant par sa voix incroyablement légère dénotant avec son jeu de guitare furieux.
Quelques secondes à peine suffisent déjà à faire de cette fin d'après-midi parisienne un moment unique.
Incroyablement soutenu par un éclairage qui prenait d'autant plus d'intensité et de nuances que le soleil se couchait derrière les arbres, la prestation de ce groupe culte atteignit une dimension extraordinnaire. Une sorte de trip géant et multi-partagé, à coup de riffs assasins, lourdes et psyché, sans oublier d'être ultra-mélodiques. Puisant surtout dans le répertoire des deux derniers albums ainsi que du dernier Desert Sessions, les chansons carburaient au speed, énergiques et fracassantes. La qualité irradiait de partout jusqu'à confondre l'auditeur et le perdre dans ses délires planants.
Cette sorte de métal speedé, teinté d'envolées cosmiques et parsemé de solos décoiffant, mit le feu au poudre.
Que ce soit de par le jeu de Joey Castillo, ébourrifant de vivacité derrière ses fûts, la vitesse d'exécution de Josh Homme à la guitare, les interventions du clavier ou ce jeu rebondissant et se perdant en route sur des passages incongrus (à noter le splendide inédit), les Queens Of The Stone Age médusèrent par leur talent, leur fougue et leur culot. Les musiciens n'avaient pas besoin d'en faire des tonnes, à peine quelques balacements de cervicales incontrôlés, pour posséder bien vite un charisme énorme qui en impressionna plus d'un. Cela s'appele la classe.
Incontestablement une performance monumentale.
Un passage fort du festival où les Queens Of The Stone Age ont redonné toutes ses lettres de noblesse au Rock.