Toulouse [Zénith]
29/10/2003
Après une 1ère partie d'Operator décidément difficile à passer (à quand le retour des déflagrations de My Vitriol ?), le ton de cette dernière apparition française pour 2003 est rapidement donné : beaucoup plus de moyens, des lumières, des écrans, des films, de la mise en scène, du professionnalisme poussé à outrance ... Bercy et l'enregistrement du DVD sont passés par là.
Et oui, succès oblige, c'est à un 'show' auquel le public assiste, là où les nostalgiques auraient préféré une 'performance'.
L'instrumental "Bulletproof Cupid" est pour beaucoup dans la résussite de l'entrée sur scène, mais le soufflet retombe bien (trop) vite, la faute à une prestation pour le moins glaciale. Le groupe joue assez bien, la playlist est judicieusement choisie, mais Molko est incroyablement froid et distant. Rapidement agacé par un public très jeune et de toute évidence peu coutumier du groupe, son manque d'envie est évident pour qui l'a vu jouer au temps préhistorique des petites salles, ou même lors de la tournée de "Black Market Music". Sensation confirmée lorsqu'il se réfugie dans son discours archi connu maintenant (les bi, etc, etc...), preuve qu''il n'a rien à dire à ce public là. Du coup, c'est le fantasque Stefan Olsdal qui lui vole la vedette, abusant de ses déhanchements qui vont devenir célèbres s'il persévère, essayant de bouger un public aux pieds pris dans le ciment.
Le groupe a fait mieux, c'est évident, et il le sait. Quelques morceaux font quand même du bien aux oreilles, de "Peeping Tom" à "Pure Morning". Le public s'enflamme sur le NRJ-Europe2-Funradioesque "The Bitter End" mais pas sur "Special K" ... Va comprendre Charles.
Au final, un gachis évident pour un concert qui souffre au combien de la comparaison avec d'autres apparitions du groupe. Ah ce concert parisien avec ce "Without You I'm Nothing" chanté seul par Molko ! Pas sûr de revoir ça un jour.