Paris [Zenith]
07/07/2009
Voilà bien 15 ans que je connais Nine Inch Nails, que j'y revenais une fois de temps en temps voir ce qui s'y passe, en y prenant ce qui m'intéresse laissant le reste de côté (une majorité quand même me concernant). Europe oblige, Trent Reznor est venu avec le dispositif minimum au niveau des lumières. Qu'à cela ne tienne, on peut très bien faire d'excellents concerts avec 3 spots. Je suis par contre plus étonné des boucles pré-enregistrées au fil des chansons. Quel est l'intérêt de diminuer le nombre de musiciens dans le groupe, si c'est pour les remplacer par des boucles ? NIN serait touché par la crise ?
Mew ouvre le bal. Un des groupes préférés de Reznor selon ses dires. Il y a fort à craindre de l'après NIN si c'est vraiment le cas.
Concernant Nine Inch Nails, le concert démarre de la meilleure des manières. Un enchainement "Terrible Lie" / "Heresy" / "March Of The Pigs" / "Reptile" de très haute tenue, je me mets alors à espérer à quelque chose de grand.
Sur les quelques chansons suivantes, l'intensité diminue, ce qui est compréhensible après un tel départ, mais le set reste de qualité, je me surprends même à aimer une chanson de Bowie post Ziggy Stardust. Trent fait de plus en plus taper les gens dans les mains, et j'avoue mon étonnement, il me semblait que Madonna, c'était à côté.
Hélas, cette baisse va virer à l'enlisement, surtout à partir de "La Mer". Je n'ai absolument rien contre cette jolie intro au piano, mais qu'est donc venue faire cette batterie en plein milieu ? "The Fragile" corrige le tir, mais on replonge assez rapidement dans quelque chose entre le soporifique et le mou. La seule excuse potentielle valable à tout ça sur le moment est que ce sont des raretés jamais jouées depuis des années et qui seraient ressorties pour les fans à l'occasion. Espérons pour eux que ce soit le cas. Pour ma part, je reste dans l'idée que ce soir là, Reznor n'a pas spécialement envie de faire beaucoup d'efforts. Le seul moment éventuellement "unique" de la soirée sera la présence sur scène de 2 stripteaseuses en string pour fêter les 21 ans du batteur....
Revenons au répertoire. "Wish" vient (enfin !!!) réveiller tout le monde. Si le quart d'heure qui l'a précédé était volontairement ennuyeux pour qu'on l'apprécie encore plus, le pari est gagné haut la main.
"Survivalism" passe bien également. Suivra une excellente version de "Physical", puis "The Day The World Went Away", à laquelle je n'arrive définitivement pas à accrocher.
Arrive "Hurt", dont je craignais beaucoup et qui fut, il faut bien l'avouer, remarquable, malgré les tapages dans les mains inutiles (sur le premier refrain, Reznor attendra qu'ils cessent pour chanter). "The Hand That Feeds" remet les circuits en route pour conclure sur un "Head Like A Hole" qu'on aurait aimé plus long.
Une fin de concert brutale, les lumières se rallument tout de suite, les gens sont virés de la salle rapidement, même pas le temps de savourer un des rares grands moments de la soirée. Il ne restait plus qu'à aller au stand de merchandising se procurer pour la modique somme de 30? minimum (combien Maryse?) le t-shirt avec juste un logo et les dates de la tournée.
Performance sympa, mais pas de quoi faire aimer les adieux.