Paris [Les Instants Chavirés]
19/04/2003
Cela valait le coup de traverser tout Paris pour assister à cette soirée Post Rock aux Instants Chavirés.
Honey For Petzi partagent l'affiche avec Cheval de Frise et Chevreuil. Programmation animalière en somme.
Nos ours de Lausanne commencent les premiers, comme inscrit sur le billet.
La salle est minuscule et elle ne paye pas de mine; idem pour la scène. Avec le minimum de matèriel, Honey For Petzi a fait le maximum et nous a donné la définition exacte de ce qu'est le talent.
Les titres du dernier album "Nicholson" sonnent furieusement et semblent avoir été façonnés pour le live. Basse directe, batterie rentre dedans avec étouffés de cymbales à la Shellac, guitare aux arpèges sublimes, tout est là pour faire de ce moment quelque chose d'intense et magique. Le rock est minimaliste et en majorité instrumental. Le guitariste ne se servira de son micro que sur "Post Teenage State" (probablement leur meilleure chanson) ainsi que pour présenter fort timidement son groupe. Il parle peu, il exprime ses sentiments grace à un de ses meilleurs vecteurs : la musique.
Les chansons se suivent et me transportent loin, très loin. Il y a du monde autour de moi, mais malgré cela je me sens très seul, comme happé par le tourbillon de cette hypnose calculée, infernale et étourdissante. "Nicholson" jouée un moment aux pouces sur les jacks débranchés, la fracassante "Les Impôts", mais aussi un "Kraken" massacrant me propulsent en un territoire inconnu. Je suis dans ma bulle. Le rappel "Easy Rider" et sa structure linéaire que l'on a pas l'habitude d'entendre chez eux clôture le set en beauté.
Pas une fois je n'ai regardé ma montre. Je suis parti ailleurs, je suis rentré dans leur monde. Un sourire béat, sûrement niais s'est affiché sur mon visage. Peu importe. J'ai à nouveau pu constater quel pouvoir la musique pouvait avoir.