Paris [Le Zénith]
13/12/2006
Concert de Sonic Youth.
Première partie : Dinosaur Jr. Dans sa configuration initiale : l'inénarrable Jay Mascis, le grand Lou Barlow et Murph à la batterie.
On est en 1987 ? Non, bien en 2006 ! C'est chose à peine croyable...
Un set des plus jouissif : un son crade, hyper pourrave comme le Zénith en aura jamais produit autant, un manque de retour sur les voix, des larsens à n'en plus finir, des crachas d'ampli, tout était là pour faire ressortir le meilleur de ce groupe de légende.
Le concert ressemblait à du n'importe quoi ? C'est justement tout l'esprit de ce groupe ! Dinosaur Jr, c'est le bordel en vrai, en live. Il suffit de voir Jay Mascis se balancer dans tous les sens et gratter sa guitare compulsivement pour en sortir des solos monstrueux et complètement cradingue. Ou Lou Barlow, toujours aussi lymphatique derrière ses lunettes et ses cheveux bouclés d'étudiant, mais qui prend un malin plaisir à traiter son manche avec la plus rude vivacité. Ou encore Murph frappant ses caisses avec le moins de délicatesse possible. Le tout pour aboutir à des chansons géniales, vibrantes et mélodiques à souhait, abondant de fuzz, de larsens et d'effets de pédales.
On aurait pu croire à un concert raté, mais il n'en ait rien, au contraire : tout juste sera-t-il bien trop court !
Une scène réduite à pas grand chose, deux-trois amplis et puis basta, un éclairage bidons, mal travaillé, une impression d'être revenu à la bonne époque du grunge, des réaccordages de guitares toutes les cinq minutes, gratifiés de distorsions impromptues, pour finalement aboutir à des mauvais accords mais désirés : ce laisser-aller résume parfaitement l'esprit de Dinosaur Jr. Un groupe vivant, peu embarrassé, qui fait ce qu'il lui plait, et qui patauge dans sa propre crasse pour en sortir des pures merveilles de déflagrations sonores.
On ne sait plus en faire des concerts comme ça...