Paris [Elysée Montmartre]
20/11/2007
Black Rebel Motorcycle Club est un groupe qui monte, peu à peu, tel le serpent sinueux qui approche de sa proie.
Repéré dans l'excellent film de Michael Winterbottom, 9 Songs, ce groupe californien était de passage à Paris sous un temps anglais, pluvieux et maussade. Mais que dire de leur prestation !! Fabuleux, tout simplement. Le public m'a tout d'abord impressionné, moi qui ne connaissait que leur merveilleux Take Them On... et un peu moins leur premier album BRMC, je fus touché par ces fans venus en masse, crier leur joie de voir leur groupe chanter les morceaux qu'ils n'ont pas hésiter à reprendre à tue-tête.
Oui, car les BRMC ont cette faculté à vous faire entrer très vite dans leur jardin noisy blues éthéré. Mon amie et moi étions arrivés un peu à la bourre, au troisième morceau exactement, et je demande à un voisin de salle si c'est le début, il me dit que le second morceau vient de se terminer. Ouf, et là on tombe direct sur le morceau qui m'a scotché tout l'été dernier "Stop".
Voilà une entrée en matière, et pendant l'heure et demie ou ils ont joué pas moyen de me dé-scotcher de leur blues tonique, parfois atmosphérique.
Ces trois mecs sont géniaux, ils s'entendent à merveille, ils alternent morceaux en solo guitare acoustique à la main et harmonica dans la bouche, puis touchent leur Moog dans une montée de basse d'enfer, la rythmique ne nous laissant point redescendre de notre petit nuage. Ces mecs je disais savent tout faire, de vrais petits génies de la guitare... Pourquoi, car même si on retrouve ici et là des influences marquées aux Jesus & Mary Chain, de Dylan, de Ride parfois, ces petits gars ont ce talent d'être original. Imaginez vous en train de danser avec Patricia Arquette avec une ambiance à la David Lynch, en train de sentir son torse chaud et son parfum suave...Oui, c'est ça l'effet BRMC. C'est peut-être pour cela qu'ils vont devenir peu à peu énorme.
Je vous le dis... Il me reste plus qu'à acheter leur génial dernier album, mi-blues, mi-hypnotique pour être comblé. Car, j'oubliais, le maître mot de cette soirée est bel et bien HYPNOTIQUE. Et sans drogue s'il vous plait, j'étais tout simplement ce soir un compagnon de fortune de Peter Fonda dans Easy Rider, un vrai motard sans mauvais trip, sans mauvais temps, et dans un rythme ou seul les Dandy Warhols ou les Warlocks savent nous faire sentir.
Rock'n roll, les BRMC sont bel et bien là.