London - Royaume-Uni [Alexandra Palace]

09/11/2013

Lorsque l'on est gosse, un peu bête, et un peu triste, il y a certaines découvertes qui marquent le pathétique moment qu'est l'adolescence. Des groupes, des filles, des bouquins, des films...
Et lorsque qu'un petit bout de tout ça se retrouve juste devant, alors que l'on pensait que ça n'arriverait jamais, c'est comme une victoire contre le temps.

C'est dans la grande salle qu'est l'Alexandra Palace de Londres, qu'Alice In Chains entame sa tournée anglaise. Humidité permanente, bière infâme, et Walking Papers qui entame le bal. Regroupant plusieurs légendes de l'age d'or de la belle Seatle, le groupe livre une prestation plus que correct, bien que ses membres semblent encore se chercher. Ghost reprend le flambeau. Grandiloquence papale du chanteur, affublé de la mitre et dde la crosse, sur fond de prière faussement satanique (celle là même qui est utilisée dans Eyes Wide Shut). Un décor qui contraste avec le calme et, parfois, la douceur des mélodies.
Tout s'éclaire après une heure de show. Encore un peu de patience.

Et puis le noir finit par tomber, quelques larsens bien sentis, et l'adolescence vous remonte à la vitesse d'un TGV.
"Them Bones" emporte tout son petit monde. Jerry Cantrell ne laisse pas retomber la pression avec "Dam The River", tandis que Mike Starr laisse sa chevelure s'exprimer, et Sean Kinney manifeste tout l'amour qu'il porte à ses futs. Alternant nouveau morceaux ("Stone", "Hollow"), et grands classiques ("No Excuses", "Down In The Hole"), Alice In Chains ne pourra que rendre hommage à Layne Staley, dont le fantôme semble planer à chaques hurlements, avec "Man In the Box", et surtout, un poignant "We Die Young". Son remplaçant, William DuVall, pour lequel il était légitime d'avoir quelques doutes pour remplacer Staley, a bien révisé ses classiques, et fait honneur à son prédécesseur. Énergique, et ne se débarrassant pas du boulot, le groupe prend un vrai plaisir à jouer. Ça se voit, ça se sent, et c'est bon!

Le concert s'achève sur "Rooster". L'une des chansons les plus mélancoliques de ce groupe (et même qu'il y ait jamais eu ?). Et c'est avec satisfaction, et mélancolie que l'on ressort de là. "Enfin, ça y est !" Un rêve de gosse réalisé, se rendre compte que l'on en est plus un, et que tout ça, est déjà un magnifique souvenir. We Die Young...

Exceptionnel !! 19 / 20

par Easton ellis