Paris [Le Trabendo]
12/05/2010
Je pensais vraiment ne pas y aller à ce concert.
25 euros, pour un show qui sera forcément (trop) court, je me tâtais longuement.
La possibilité d'y aller gratuitement a fortement pesé dans la balance, et donc c'est parti, direction le Trabendo, avec 2 invitations dans la poche.
Une première partie totalement insipide, heureusement courte, permet de boire une bière fraiche (une canette vidée dans un gobelet, au passage, pas de tireuse au Trabendo ?) en attendant les déflagrations d'Oliver Ackerman (l'animal fabrique lui-même des pédales d'effets, il connaît donc son affaire) & ses bruyants comparses.
Noir.
Ils arrivent (avec un nouveau bassiste me murmure-t-on à l'oreille) et débute d'une façon assez scolaire, presque sans entrain.
Ils commencent à se lâcher après le premier tiers du set, enchaînent les tubes (mais peut on vraiment appeler ça des tubes ? malheureusement oui, comme il est dit plus bas...).
"Breathe", "To Fix The Gash In Your Head", ça s'enchaine sans temps mort, toujours un larsen liant les morceaux qui défilent, jusqu'à "I Live My Life To Stand In The Shadow Of Your Heart".
Intermède.
A voir ces deux filles surgir devant moi dès l'intro, courant presque pour se mettre devant, genre "c'est la connue,viens, on va d'vant la kiffer"
(ouh comme je suis mauvais). On peut donc dire que oui, ce groupe a des tubes.
Fin de l'intermède.
Ledit morceau est rallongé presque à outrance, distordu par un long noise anarchique, avec un Ackerman parfois sans guitare ne jouant qu'avec l'extrémité de son jack, sa tête d'ampli visiblement "home-made" et son impressionnant rack de pédales...
Ils sortent.
La lumière se rallume, les oreilles bourdonnent...mais la plèbe réclame !
Après cinq bonnes minutes d'appels désespérés, ils reviennent, un clope à chaque bec, et dénouent leur bordel, presque surpris de devoir revenir.
Mais pour un morceau seulement, mais quel morceau...
Véritable déflagration sonique, qui voit la destruction d'une guitare (jamais la blanche, me souffle-t-on à nouveau, c'est SA guitare), le massacre d'une basse (à se demander si son propriétaire était prévenu vu sa réaction, mais il se prend vite au jeu) les amplis tombent, la batterie se démembre, ils ne reviendront pas.
"Nom de dieu de bordel de merde" disait Marielle dans les galettes de Pont-Aven, c'est ce qui me vient instantanément quand la lumière se rallume pour de bon.
Pour les avoir déjà vu l'été dernier, après le choc sonore que fut My Bloody Valentine dans un fort, près de Saint Malo, je peux confirmer (comme si c'était nécessaire) qu'il faut les voir dans un lieu clos, le plus clos possible (c'était mieux à la Maroquinerie l'an dernier, me crie-t-on encore, mais je n'entends plus).