Paris [La Boule Noire]
24/01/2005
Après leur intense mais courte prestation du festival des Inrocks, on les attendait au tournant, nos apprentis bluesmen. Qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir faire pour tenir la scène à ce rythme-là pendant un concert entier ? Eh bien pas grand-chose: ils ont encore le souffle un peu court, les gaillards. Ca sent la fin de tournée, ou au moins l'espère-t-on pour eux.
Le début est sur les chapeaux de roue, comme prévu. Très Stones au départ, puis les solides compos de l'album s'enchaînent à fond la caisse. La batterie est éléphantesque, guitare et claviers s'entredéchirent, et même un morceau lent comme "Hold On" nous tient en haleine. Le tubesque "Shoot Your Gun" passe sans encombre, mais la machine a commencé à se dérégler lentement. Et quand arrive la ballade folk "Friends", où notre petit guitar-hero se trouve seul en scène, c'est le dérapage. Discret, certes: un faux départ rattrapé tant bien que mal dans un des premiers couplets. N'empêche, un malaise s'installe tout au long de la chanson, que ne dissipe pas "Things That Lovers Do", un peu traînante elle aussi. Heureusement, il leur reste "22 Days" et surtout une version apocalyptique de "Devil In Me" pour se remettre en selle. Un petit rappel très Doors et les héros fatigués vont se coucher. La voie du chanteur semble un peu borderline: difficile pour une crevette comme Martin Trimble de se coller chaque soir sur les épaules le costard de guitar-hero à la Alvin Lee, la tunique de poète maudit façon Nick Drake et le cuir de bluesman habité à la Morrison. Le dernier qui a joué à ça s'appelait Jeff Buckley et il n'a pas fait long feu. Et pourtant, il avait de la voix, lui.
Passées ces méchancetés de fan de la première heure, il faut tout de même rendre hommage à quatre lascars inconnus il y a 6 mois et qui donnent tout ce qu'ils ont sur scène avec une maîtrise presque totale. S'ils apprennent à se ménager et à se décrisper, on reparlera bientôt d'eux...